Votre retraite, étage par étage
Le praticien hospitalier n'est pas fonctionnaire au sens de la retraite : il cotise au régime général (CNAV) pour sa retraite de base et à l'Ircantec pour sa retraite complémentaire. S'il exerce aussi en libéral, s'ajoutent la CARMF et le régime de base des professions libérales.
Les étages de la retraite d'un PH
Levier 1 : mesurer avant d'agir
Tout commence par vos droits réels : relevé de carrière tous régimes (disponible sur info-retraite.fr), estimation de pension à l'âge visé, et comparaison avec votre niveau de vie actuel. Sans ce chiffre, toute stratégie retraite est une supposition.
Levier 2 : vérifier votre protection
Le statut prévoit un maintien de rémunération en cas d'arrêt, mais limité dans le temps et souvent incomplet : les gardes, astreintes et une partie des primes disparaissent dès que vous êtes arrêté. Le revenu réel baisse donc bien avant la fin des droits statutaires. Invalidité, décès, protection du conjoint et des enfants : chaque garantie se vérifie contrat par contrat.
Levier 3 : utiliser le PER comme levier fiscal
Les versements sur un plan d'épargne retraite sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de vos revenus professionnels nets de l'année précédente (avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 € pour les versements de cette année). Les plafonds non utilisés sont désormais reportables pendant 5 ans, et un couple marié ou pacsé peut mutualiser ses plafonds.
Cas pratique fictif, à titre d'illustration
Claire, 45 ans, PH à temps plein, mariée, deux enfants. Son salaire net imposable est d'environ 81 000 € après abattement de 10 %. Le foyer est imposé dans la tranche à 30 %. Elle n'a jamais versé sur un PER.
Plafond annuel : environ 8 100 €, auquel s'ajoutent les plafonds non utilisés des années précédentes
Versement de 8 100 € : environ 2 430 € d'impôt en moins dès l'année suivante
Effort réel : environ 5 670 € pour 8 100 € investis pour sa retraite
À noter : les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
Levier 4 : faire travailler l'épargne
Un revenu stable est un atout rare : il permet d'investir régulièrement et de convaincre les banques. Les briques habituelles d'un PH :
- L'assurance vie, pour diversifier et préparer la transmission (voir l'article).
- Le PEA, pour la croissance à long terme en actions (voir l'article).
- Les SCPI à crédit, pour se constituer un patrimoine immobilier avec un effort d'épargne maîtrisé (voir l'article).
Levier 5 : structurer l'exercice mixte
Une activité libérale, à l'hôpital ou en clinique, ouvre de nouveaux droits mais aussi de nouvelles cotisations. Elle donne accès à un plafond PER spécifique aux indépendants, qui s'ajoute au plafond salarié. Bien organisée, elle améliore la retraite et la fiscalité ; mal organisée, elle multiplie les cotisations sans contrepartie proportionnée.
| Levier | Effet principal | Quand l'activer |
|---|---|---|
| Mesurer | Connaître l'écart à combler | Dès maintenant, puis tous les 3 à 5 ans |
| Protéger | Sécuriser le revenu et la famille | Avant tout investissement |
| PER | Réduire l'impôt, préparer la retraite | Dès que la tranche à 30 % est atteinte |
| Investir | Construire le patrimoine | Au fil de la capacité d'épargne |
| Exercice mixte | Optimiser droits et cotisations | À l'ouverture de l'activité libérale |
Questions fréquentes
L'argent placé sur un PER est-il bloqué ?
Jusqu'à la retraite en principe, avec des cas de déblocage anticipé : achat de la résidence principale et accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage).
Ma mutuelle hospitalière suffit-elle comme prévoyance ?
Pas nécessairement. Les garanties varient beaucoup d'un contrat à l'autre, notamment sur la prise en compte des gardes et primes et sur l'invalidité. Seule une lecture du contrat permet de répondre.