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Clause bénéficiaire démembrée :
protéger le conjoint sans pénaliser les enfants

Une rédaction de clause qui peut éviter plusieurs dizaines de milliers d'euros de droits de succession. À condition d'être bien faite.

Charles Moreau · 6 min de lecture

Patrimoine
Stylo plume posé sur une feuille

Photo : Aaron Burden sur Unsplash

L'essentiel en 30 secondes

Ce que c'est

Au décès, le conjoint reçoit l'usufruit du capital d'assurance vie et peut l'utiliser librement ; les enfants reçoivent la nue-propriété, sous la forme d'une créance sur la succession du conjoint.

Pour qui

Couples mariés ou pacsés avec enfants, détenteurs de contrats d'assurance vie importants.

Pourquoi

Éviter que le capital soit taxé au second décès, et utiliser les abattements des enfants dès le premier.

Point de vigilance

Rédaction précise, convention de quasi-usufruit, solvabilité du conjoint au moment de la restitution.

152 500 €d'abattement par bénéficiaire (primes avant 70 ans)
0 €de droits pour le conjoint
1 seuletaxation possible au lieu de deux

Le problème de la clause standard

La clause la plus répandue est « mon conjoint, à défaut mes enfants ». Elle protège bien le conjoint, qui reçoit le capital sans aucun droit. Mais elle a un défaut : le capital non dépensé se retrouve ensuite dans la succession du conjoint et sera taxé lorsqu'il sera transmis aux enfants. Et les abattements spécifiques à l'assurance vie dont auraient pu bénéficier les enfants au premier décès sont perdus.

La solution : démembrer la clause

Le parcours du capital avec une clause démembrée

1er décèsLe capitalest verséConjointUsufruitier :dispose du capital(quasi-usufruit)EnfantsNus-propriétaires :détiennent unecréance2e décèsCréance déduitede la succession :enfants remboursésLe conjoint peut utiliser l'argent librement. La créance des enfants reste due à son décès.

Concrètement, le conjoint reçoit le capital et peut l'utiliser comme il le souhaite : c'est le quasi-usufruit. En contrepartie, il devient débiteur envers les enfants d'une somme égale au capital reçu. À son décès, cette dette est déduite de sa succession : les enfants récupèrent ce montant sans droits de succession sur cette somme.

Cas concret : 400 000 € d'assurance vie

Cas pratique fictif, à titre d'illustration

Pierre décède à 78 ans. Il laisse un contrat d'assurance vie de 400 000 €, alimenté avant ses 70 ans. Son épouse a 78 ans également ; ils ont deux enfants. Pour simplifier, ce capital constitue l'essentiel de ce qu'elle transmettra à son tour.

Au 1er décès, clause standard : l'épouse reçoit 400 000 €, sans droits.

Au 1er décès, clause démembrée : l'épouse reçoit l'usufruit (valeur fiscale 30 % à 78 ans), chaque enfant une nue-propriété évaluée à 140 000 €, sous son abattement de 152 500 €. Aucun droit.

Au 2e décès, clause standard : 400 000 € dans la succession, soit environ 36 400 € de droits pour les deux enfants.

Au 2e décès, clause démembrée : la créance de 400 000 € est déduite. Aucun droit sur cette somme.

Droits de succession payés par les enfants sur ce capital

Clause standard≈ 36 400 €Clause démembrée0 €Hypothèse : abattement de 100 000 € par enfant disponible, barème en ligne directe.

Les points de rédaction à sécuriser

💡 Au cabinet : la rédaction des clauses bénéficiaires d'assurance vie et de PER fait partie de mon accompagnement, en lien avec le notaire de la famille lorsque c'est utile. Une clause se relit à chaque événement de vie : mariage, naissance, divorce, décès.

Questions fréquentes

Le conjoint peut-il dépenser le capital ?

Oui. C'est tout l'intérêt du quasi-usufruit : il dispose librement des fonds. La créance au profit des enfants reste due et sera déduite de sa succession.

Et pour les versements effectués après 70 ans ?

Ils relèvent d'un autre régime, avec un abattement global de 30 500 € sur les primes. Le démembrement reste possible mais ses effets se calculent différemment : étude au cas par cas.

À lire aussi

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Article par Charles Moreau · Évolution Patrimoine · ORIAS 23008140
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur à la mise en ligne et peuvent évoluer.
Les montants sont donnés à titre d'illustration selon les règles fiscales en vigueur. Toute rédaction de clause doit être adaptée à votre situation familiale.
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