Chirurgien-dentiste : votre retraite a un plafond, pas vos revenus
Au-delà de 240 300 € de revenu, chaque euro gagné ne crée plus aucun droit à la CARCDSF. Plus votre cabinet réussit, plus votre retraite décroche par rapport à votre niveau de vie.
Charles Moreau, Évolution Patrimoine. Article illustré par un cas pratique fictif.
Dr Paul L., 50 ans, chirurgien-dentiste libéral conventionné. Bénéfice de 300 000 € par an, implantologie et prothèse. Il compte s’arrêter vers 64 ans. Sa seule épargne retraite : ses cotisations obligatoires.
Trois régimes, un même plafond
Un chirurgien-dentiste libéral cotise à trois étages, tous gérés par la CARCDSF :
Le point commun : 240 300 €, soit 5 plafonds de la Sécurité sociale. Au-delà, plus aucune cotisation, plus aucun point.
Ce que vous cotisez, selon votre revenu
| Revenu professionnel | Base | Complémentaire | Total | Part du revenu |
|---|---|---|---|---|
| 80 000 € | 5 692 € | 8 745 € | 14 437 € | 18,0 % |
| 150 000 € | 7 001 € | 16 690 € | 23 691 € | 15,8 % |
| 240 300 € | 8 689 € | 26 939 € | 35 628 € | 14,8 % |
| 300 000 € | 8 689 € | 26 939 € | 35 628 € | 11,9 % |
| 400 000 € | 8 689 € | 26 939 € | 35 628 € | 8,9 % |
Taux 2026, hors régime PCV, invalidité-décès et cotisations maladie. Le revenu pris en compte peut être celui d’une année antérieure selon les régimes.
Votre retraite obligatoire suit vos cotisations, pas votre train de vie. Pour un praticien qui gagne bien sa vie, l’écart entre le dernier revenu et la première pension est mécaniquement plus large que pour un confrère au revenu moyen.
Le trou entre 64 et 67 ans
Le régime de base ouvre vos droits à l’âge légal, entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon votre année de naissance, à condition d’avoir vos trimestres. Selon les règles actuelles de la CARCDSF, les régimes complémentaire et PCV ne versent une pension sans minoration qu’à 67 ans. Partir à 64 ans, comme Paul l’envisage, a donc un coût sur la part complémentaire, qui pèse lourd dans la pension d’un dentiste. Ce coût se chiffre sur votre relevé de points avant de fixer votre date de départ.
Combler l’écart : ce que permet le PER
Un chirurgien-dentiste libéral peut déduire de son bénéfice ses versements sur un plan d’épargne retraite, dans une limite de 10 % du bénéfice (jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale) plus 15 % de la part comprise entre 1 et 8 plafonds.
Pour Paul, imposé dans la tranche à 45 %, chaque tranche de 10 000 € versée réduit son impôt de 4 500 €. L’économie est réelle, à condition de ne pas verser à l’aveugle : l’argent est bloqué jusqu’à la retraite (sauf achat de la résidence principale et accidents de la vie), et la sortie est fiscalisée. Le montant juste se calcule à partir de votre écart de revenu à la retraite, pas du plafond disponible.
Le PER n’est pas le seul outil. Les murs de votre cabinet, une assurance vie, un portefeuille construit sur quinze ans peuvent compléter la retraite avec plus de souplesse. La bonne répartition dépend de votre âge, de votre fiscalité et de la date de cession de votre cabinet.
Par où commencer
- Téléchargez votre relevé de situation individuelle sur info-retraite.fr : il récapitule vos trimestres et vos points.
- Notez votre revenu actuel et l’âge auquel vous voulez arrêter.
- Listez votre épargne existante et le projet de cession de votre cabinet.
Au premier échange, je transforme ces éléments en une estimation de votre pension et de l’écart avec votre niveau de vie. Puis je vous dis combien épargner, où, et pendant combien de temps.
Information générale, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Cas pratique fictif, chiffres arrondis, taux de cotisation et plafonds 2026 (PASS : 48 060 €), règles en vigueur au 29 octobre 2026. Les valeurs de point et conditions d’âge sont fixées par la CARCDSF et la réglementation : votre relevé fait foi. À lire aussi : les murs du cabinet en SCI et le PER, fonctionnement.

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