Cas pratique : praticienne hospitalière, 46 ans, retraite, impôt et protection
Une retraite jamais chiffrée, des plafonds PER inutilisés depuis des années, aucune prévoyance hors statut : le cas le plus fréquent chez les hospitaliers, et le plan qui en découle.
Charles Moreau, Évolution Patrimoine. Cas pratique fictif, construit à partir de situations rencontrées en rendez-vous.
Claire, 46 ans, praticienne hospitalière à temps plein, anesthésiste, sans activité libérale. Mariée, deux enfants. Le foyer est imposé dans la tranche à 41 %.
- Émoluments bruts, gardes et astreintes comprises : 95 000 € par an
- Épargne : 40 000 € sur livrets, et une assurance vie bancaire de 35 000 € ouverte en 2014, 100 % en fonds euros
- Résidence principale avec crédit en cours, assurance de prêt souscrite à la banque
- Prévoyance : aucune, en dehors du statut
Premier constat : la retraite
Claire n’avait jamais vu sa retraite chiffrée. Comme tous les praticiens hospitaliers, elle cotise au régime général (CNAV) et à l’IRCANTEC, et non à la CNRACL comme elle le pensait. En partant à 64 ans, avec une carrière commencée à 26 ans, notre estimation donne environ 3 000 € nets par mois. Son objectif de vie à la retraite : 5 500 €.
Sur vingt ans de retraite, l’écart représente environ 600 000 €. Il ne se comble pas en une année : il se construit, versement après versement.
Deuxième constat : des plafonds PER jamais utilisés
Pour le fisc, Claire est salariée. Son plafond d’épargne retraite vaut 10 % de ses revenus d’activité nets de l’année précédente, soit environ 7 400 €, auxquels s’ajoutent les plafonds non utilisés des trois années précédentes. Elle dispose ainsi d’environ 28 000 € de plafond, dont la part de 2023 disparaît le 31 décembre. Le chiffre exact figure sur son avis d’impôt.
Troisième constat : une protection à reconstruire
En cas d’arrêt de maladie, un praticien hospitalier garde son traitement pendant trois mois, puis passe à demi-traitement, sans les gardes ni les astreintes. Avec un crédit et deux enfants, l’écart se creuse en quelques mois. Quant à l’assurance de prêt bancaire, elle coûte souvent bien plus qu’un contrat individuel aux garanties équivalentes, et la loi permet d’en changer à tout moment.
Le plan retenu
| Action | Montant | Effet |
|---|---|---|
| Versement PER en décembre | 20 000 € | 8 200 € d’impôt en moins (41 %), plafond de 2023 utilisé avant qu’il ne disparaisse |
| Versements PER mensuels dès janvier | 600 € par mois | Environ 2 950 € d’impôt en moins chaque année |
| Assurance vie : conserver l’ancien contrat, ouvrir un contrat complémentaire en gestion équilibrée | 15 000 € de livrets, puis 500 € par mois | L’antériorité fiscale de 2014 est préservée, l’épargne nouvelle vise un rendement supérieur |
| Épargne de précaution | 25 000 € conservés sur livrets | Six mois de dépenses disponibles |
| Prévoyance individuelle et changement d’assurance de prêt | Selon les offres comparées | Revenus protégés en cas d’arrêt, économie probable sur l’assurance de prêt |
Ce que cela donne à 64 ans
Avec une hypothèse de 3 % par an net de frais, les sommes placées aujourd’hui et les versements mensuels représenteraient environ 430 000 € au départ à la retraite. De quoi verser près de 1 800 € par mois pendant vingt ans, avant impôt et sans compter le rendement pendant la retraite. L’essentiel de l’écart est couvert, et chaque hausse de revenu permettra d’augmenter les versements.
Le point clé n’est pas un produit miracle : c’est l’ordre des décisions. D’abord la précaution et la protection, puis le PER pour l’impôt et la retraite, puis l’assurance vie pour la souplesse.
Information générale, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Chiffres arrondis, hypothèses indiquées dans le texte, règles en vigueur au 12 octobre 2026. Investir comporte un risque de perte en capital. À lire aussi : les leviers patrimoniaux du PH.
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