Cas pratique : pharmacien titulaire, 57 ans, de la trésorerie à la cession
Une trésorerie qui dort dans la société, une cession à préparer, une retraite CAVP à compléter : comment un titulaire organise ses cinq dernières années d’exercice.
Charles Moreau, Évolution Patrimoine. Cas pratique fictif, construit à partir de situations rencontrées en rendez-vous.
Marc, 57 ans, pharmacien titulaire, associé unique de la SELARL qui exploite son officine. Marié, deux enfants étudiants. Il veut céder vers 62 ans.
- Emprunt d’acquisition entièrement remboursé
- Trésorerie dans la société : 300 000 €, sur un compte courant non rémunéré
- Rémunération de gérance : 90 000 € par an
- Patrimoine privé : résidence principale, une assurance vie modeste
Premier sujet : une trésorerie qui dort
Une fois l’emprunt remboursé, la trésorerie s’accumule dans la société. Laissée sur un compte courant, elle perd chaque année du pouvoir d’achat. La distribuer d’un coup coûterait cher en impôt et en cotisations.
Notre approche : garder six mois de charges disponibles, puis placer environ 200 000 € au nom de la SELARL, dans un contrat de capitalisation à l’allocation prudente (fonds euros et obligations à échéance) cohérente avec un horizon de cinq ans. Pour une société à l’impôt sur les sociétés, ce contrat est imposé chaque année sur un rendement forfaitaire : nous l’avons comparé aux comptes à terme et aux fonds monétaires avant de décider.
Deuxième sujet : préparer la cession cinq ans avant
Pour un dirigeant qui part à la retraite, la loi prévoit un abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value de cession des titres, pour l’impôt sur le revenu, sous conditions : fonctions de direction exercées pendant au moins cinq ans, au moins 25 % du capital détenus, départ à la retraite dans les deux ans qui entourent la cession. Les prélèvements sociaux restent dus sur l’ensemble du gain. Le dispositif s’applique aux cessions réalisées jusqu’au 31 décembre 2031 : le calendrier de Marc s’y prête, à condition de le tenir.
Troisième sujet : la retraite et l’impôt d’ici là
Marc relève de la CAVP : retraite de base des libéraux et complémentaire propre aux pharmaciens, dont une partie par capitalisation. Son relevé montre un écart important avec son revenu actuel. Comme gérant majoritaire, il peut alimenter un PER avec le plafond des indépendants, nettement plus élevé que celui des salariés. Chaque versement réduit son revenu imposable pendant ses années les plus fiscalisées.
Le plan retenu
| Levier | Décision | Pourquoi |
|---|---|---|
| Trésorerie de la SELARL | 200 000 € placés en contrat de capitalisation prudent, 100 000 € disponibles | Faire travailler l’argent sans le sortir de la société |
| PER | Versements annuels calés sur le bénéfice, avant la clôture | Réduire l’impôt pendant les années à forte tranche, compléter la retraite |
| Cession | Calendrier fixé pour respecter les conditions de l’abattement | Jusqu’à 500 000 € de plus-value sans impôt sur le revenu |
| Transmission | Donations aux enfants, dans la limite de l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les quinze ans | Aider les études et le premier achat, préparer la succession |
| Après la cession | Réemploi du prix entre assurance vie, SCPI et liquidités | Transformer un capital en revenus réguliers |
La cession d’une officine est l’opération patrimoniale d’une vie. Elle se travaille avec l’expert-comptable et l’avocat ; mon rôle est de piloter la partie patrimoniale et de faire en sorte que chaque décision serve la suivante.
Information générale, qui ne constitue pas un conseil personnalisé. Chiffres arrondis, hypothèses indiquées dans le texte, règles en vigueur au 12 octobre 2026. Investir comporte un risque de perte en capital. À lire aussi : préparer la cession de son officine.
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